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24 Nov, 2017
lundi, 10 novembre 2014 21:52

Le GARR dénonce les violations liées à la démolition des maisons des familles du Village Grâce de Dieu, à Canaan Spécial

Image d'une maison détruite lors d'une opération menée par des agents de l'UDMO et des hommes de main à ''Village Grâce de Dieu'', le 5 novembre 2014. Image d'une maison détruite lors d'une opération menée par des agents de l'UDMO et des hommes de main à ''Village Grâce de Dieu'', le 5 novembre 2014. Photo: GARR

Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) s’est vivement préoccupé des violations réalisées à l’encontre des familles du Village  Grâce de Dieu, lors d’une opération de démolition de maisons, le 5 novembre 2014. Cet acte perpétré par des agents de l’Unité Départementale de Maintien d’Ordre (UDMO) accompagné des hommes de main, a montré, encore une fois, l’obligation pour les autorités haïtiennes de garantir le droit à la vie des déplacés/es.

Selon des témoignages, des agents de l’Unité Départementale de maintien d’ordre (UDMO), accompagnés des hommes armés de marteaux et  de bâtons, ont investi violemment le village Grâce de Dieu, dans la zone de Canaan (Nord d’Haïti) où ils ont démoli plusieurs maisons, aux environs de 4 heures dans l’après midi du 5 novembre 2014.

Lors de cette opération menée pendant environ trois heures dans ce village, plusieurs familles qui résistaient à la destruction de leurs maisons ont été brutalisées, d’après les informations recueillies sur place.

« Des agents de l’UDMO qui  étaient à bord d’un pick up de couleur grise immatriculé 1-598 nous ont frappés violemment. Ils n’ont pas hésité à frapper une  femme enceinte de 4 mois que nous avons dû transporter rapidement à l’hôpital », ont raconté les victimes, lors d’une visite du GARR.

Une maison et des rangées de parpaings sans toitures ont été complètement détruites mis à part des murs de clôtures de plusieurs maisons. « Je pris beaucoup de peine avant d’économiser de l’argent pour achever ma petite maison, maintenant je suis à la rue. Des bandits l’ont détruite avec tous mes effets », s’est plainte une dame qui dit participer dans  des tontines pour construire son logement afin d’habiter avec ses trois enfants.

Le 7 novembre 2014, les familles victimes ont voulu barrer la route nationale # 1, en entreposant des barricades sur la chaussée. Des policiers du commissariat de Croix-des-Bouquets ont intervenu et lancé du gaz lacrymogène pour disperser la foule qui se massait près du village. Deux jeunes hommes ont été arrêtés puis libérés quelques minutes après sous l’influence d’autres manifestants.

A plusieurs reprises, les familles vivant à Canaan, en majorité des déplacés/es du séisme, sont victimes d’opérations de ce genre. En Décembre et février 2013, des expulsions entachées de bastonnades ont été perpétrées à leur encontre par des particuliers se réclamant propriétaires de plusieurs parcelles de cet espace.

Connaissant la réalité du pays où bon nombre de familles haïtiennes peuvent prendre plusieurs années avant de construire ou d’achever leurs maisons, le GARR exhorte les autorités à prendre des mesures adéquates afin de suspendre les expulsions forcées des habitants-es du village.

Le GARR croit que des particuliers bénéficiant de la complaisance des agents du gouvernement, n’ont pas le droit de mettre en péril la vie des familles installées à Canaan, sous aucun prétexte que ce soit. Sans nier le droit qu’ont ces gens se disant propriétaires de réclamer leurs parcelles, il estime que les procédures en matière d’expulsion prévue par la Législation nationale doivent être bien appliquées, car la fin ne justifie pas les moyens.

D’autant plus qu’il revient au Gouvernement haïtien d’assurer le relogement des familles si besoin est, tout en leur offrant des alternatives viables. Car en tant que citoyens/citoyennes, les autorités haïtiennes ont pour obligation de leur garantir la sécurité d’occupation et le droit à la terre tout en cherchant des solutions durables à leurs besoins de logements.

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Dernière modification le mardi, 11 novembre 2014 18:25

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